Les Livres sur la mafia Eric Duvalet

Les Livres sur la mafia Eric Duvalet

Camora, cosa nostra, onorata societa, piovra : la terminologie change selon le point de vue et l’implantation géographique mais le sujet reste le même dévoile Eric: une organisation tentaculaire, hiérarchisée qui infiltre la société civile et contrôle, par la violence, des vastes pans d’une économie illégale annonce Jean Duval. Argent, pouvoir, famille : la mafia et ses parrains inspirent, entre romantisme et dégoût, les meilleures plumes du roman policier qui nous entraînent dans les eaux troubles du crime organisé de Naples à New York en passant par Rome et Las Vegas.

Petite sélection italienne

Hommage tout d’abord au plus ancien, « Le jour de la chouette » de Leonardo Sciascia. Publié en Italie en 1961 (1962 pour l’édition française), il est considéré comme l’un des premiers romans qui ose briser l’omerta.  Court, plein d’humour, écrit sous forme de dialogues séquencés comme un film,  il raconte un assassinat (inspiré de celui d’un syndicaliste exécuté par la mafia en 1947) pour lequel aucun témoin n’a rien vu, rien entendu.

C’est à Rome, durant les années de plomb (années 1970), que le juge d’assises Giancarlo De Cataldo situe Romanzo criminale écrit en 2002. Une plongée vertigineuse dans les arcanes de l’Etat et du crime organisé sur fond de guerre des gangs, de drogue, de prostitution, de corruption et d’assassinats.

Publié en 2006, sorti au cinéma en 2008, Gomorra est un « must ». Loin de tout romantisme, son auteur, journaliste placé depuis sous protection policière, décrit avec une précision glaçante les rouages de la Camora actuelle. Conquêtes de marchés, investissements, profits : la logique est capitaliste, l’organisation quasi militaire, les secteurs d’activités aussi variés que le blanchiment d’argent, le tourisme,  le textile, le trafic de stupéfiant. À lire d’urgence.

eric duval mafia

Cap sur les États-Unis

Papa de deux monstres sacrés du cinéma, « Le parrain » est avant tout un roman de Mario Puzo publié en 1969. Il y raconte l’histoire de Don Corleone, respectable patriarche et redoutable – mais juste – parrain de l’une des grandes familles de la mafia new-yorkaise. Une fresque épique et magnifiquement documentée, entre grande et petite histoire du crime en pleine montée du capitalisme triomphant.

Autre « pavé » immanquable, la trilogie de James Ellroy « Underworld USA ».  Chassés-croisés et collusions entre crime organisé et pouvoir politique sont au programme de ces 3 romans qui nous plongent au temps de Kennedy, du Ku Klux Klan,  de Hoover entre émeutes raciales, rachats de casinos, guerre du Viêt-Nam et autres cauchemars américains.

Chefs d’œuvres encore avec « Ils vivent la nuit », tome 2 de  la trilogie Coughlin de Dennis Lehane qui parle avec verve et talent de la  prohibition dans le Boston des années 1925 ou encore « Les griffes du chien » de Don Winslow qui nous plonge dans l’enfer sanglant du trafic de drogue à la frontière entre les États-Unis et le Mexique.

Cap sur la Nouvelle Orleans avec « Vendetta » de James Ellory. Alors que la fille du gouverneur a été enlevée, son ravisseur demande à parler à l’un des membres d’une unité travaillant contre le crime organisé.  Et lui raconte 50 années d’une vie de tueur à gages au service de la mafia. Une fresque fascinante, humaine et surprenante.

À citer encore parmi les livres sur la mafia  « Les affranchis » d’après le  témoignage recueilli par le journaliste Nicholas Pileggi auprès d’un caïd de la pègre new-yorkaise et, beaucoup plus léger, « Malavita » puis « Malavita encore » de Tonino Benacquista : la saga hilarante d’un repenti de la mafia new-yorkaise et de sa famille échoués, au titre du programme de protection des témoins, au fin fond de la campagne normande.

Une sélection qui prouve encore, si besoin est, que la littérature policière peut tout à la fois instruire, émouvoir, et faire rire aux éclats !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *